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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 00:36

http://i31.servimg.com/u/f31/11/71/01/78/penelo10.jpg

 

On a parfois la chance de rencontrer les auteurs de ses compagnons d'insomnies.
Je viens d'avoir cette chance et je dois dire que coudoyer un écrivain ne serait-ce que le temps d'un week-end est absolument passionnant.
Après avoir échangé quelques mots courtois sur Internet avec le vouvoiement qui sied aux gens de bonne compagnie figurez-vous que j'ai enfin pu rencontrer ce personnage que je connaissais par ouïe dire depuis une bonne dizaine d'années.
Décidément Internet m'épatera toujours…
Me voici donc le temps d'une fête en présence de cet individu qui attisait ma curiosité depuis si longtemps.
Jeune homme charmant, pour ne pas dire charmeur, cultivé, drôle, élégant tant dans sa conversation que dans son allure. D'une simplicité évidente que j'ai tutoyé d'emblée. Il ne pouvait en être autrement.
Rencontrer des personnages après les avoir côtoyé virtuellement me passionne.

C'est une aventure humaine pleine de surprises, un rendez-vous fascinant. Découvrir physiquement quelqu'un, confirmer ou infirmer l'idée que j'avais de son caractère, est un événement que je savoure chaque fois avec délice.
Nous n'avons pas parlé littérature durant ces quelques jours, juste un échange de point de vue sur la préciosité de la possession d'un manuscrit par rapport à celle d'un livre broché, abouti et diffusé mais j'ai pu le voir évoluer dans une assemblée joyeuse et hétéroclite, apprécier sa faculté d'adaptation à ses interlocuteurs, la plupart ne le sachant même pas écrivain, l'écouter plaisanter, le voir faire la connaissance de nos hôtes et de leurs invités, évaluer sa curiosité envers ses semblables.
J'étais l'observatrice de l'observateur.
Il était convenu que Jésus Manuel Vargas me remettrait son livre lors de cette rencontre. Ce qui fut fait à l'instant même de son départ. Je m'emparais donc de ce précieux ouvrage "Pénélope Andalouse" en promettant de lui en rendre une critique sincère au plus tôt.
J'ai littéralement dévoré ce livre d'une traite la nuit suivante. Je ne vous en raconterai pas l'histoire vous laissant la chance de la découvrir vous-même.
Comme à mon habitude quand un ouvrage m'accroche le cœur à la première lecture ma propre plume court sous chaque ligne imprimée dans un deuxième parcours. J'ai annoté cette histoire dans l'avion qui me rapportait chez moi.
Ombrage appliqué et léger au crayon à papier, déposé sans appui, afin que chacun des mots et des pensées de l'autre deviennent miroir des miens.
Chemin à l'envers, appropriation consciencieuse et attentive, reconstruction méticuleuse de mon être au travers de l'offrande des mots donnés par un autre.
Apostilles respectueuses et affectueuses qui témoigneront de ma lecture.
Je relis dans la foulée et ma mémoire encore empreinte de sensations va rechercher la fraîcheur et la vérité de la première lecture.
Ne surtout pas laisser échapper ce premier jet, cette première impression, dans les deux sens du terme, je vais revêtir ces mots comme on enfile un pull confortable et familier.
Dès les premières lignes les images et les odeurs se carambolent. Écriture automatique, enchaînement foisonnant de pensées qui se bousculent et se croisent comme autant de poussières virevoltant dans un rai de lumière pénétrant une pièce sombre par un trou minuscule dans un volet écrasé de soleil.
J'aime cette idée que mes mots viennent des airs dans cet avion, de ce non-lieu, faille spatiale, en mouvement permanent, répondant aux siens issus d'un instant immobile de sa vie, faille temporelle sur une terre chaude et odorante. Comme un trait d'union à mi-ciel sur le chemin qu'a parcouru son "abuelita".
J'aime l'idée qu'un court instant mon ombre s'est posée dans l'empreinte de ses pas vers les nuages, silhouette immatérielle à peine entrevue, ou était-ce un rêve, et que je me suis appropriée.
Avez-vous remarqué que l'on répugne à détruire un livre ? Hors les ignobles autodafés, après les avoir lu, on les range, on les prête, on les vend, on les cache ou on les expose, mais jamais on ne les détruit.
J'aime l'idée qu'un jour ce livre émargé de ma main attisera la curiosité de celui qui en héritera au hasard et que l'histoire de cette aïeule, cette grand-mère, que j'imagine douce et ronde comme une pomme parfumée, forte et frêle à la fois, deviendra sienne.
Les mots sont forts. Les sentiments sont légers, délicats et purs. Les siens comme les miens. D'une plume à l'autre. D'une pensée à l'autre.
Ce recueil d'amour et de poésie douloureuse et tendre a ré ouvert ma propre histoire et il me plait à croire que nos grands-mères respectives tricotent ensemble, là haut, les grandes écharpes blanches qui adoucissent le ciel, le soir, quand nos pensées vont vers elles…
J'aime l'idée que d'autres petits enfants vont s'approprier cet hommage, des enfants comme Jésus Manuel Vargas ou des déjà grands-mères comme moi et que de proche en proche, de témoin en témoin, d'amitié en amitié ce livre va adoucir le chagrin du partir.

Parce qu'il peut aussi y avoir des poussières d'étoiles dans les mots.

Merci Jésus Manuel Vargas.

 

( http://livre.fnac.com/a2809751/Jesus-Manuel-Vargas-Penelope-andalouse )

 

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Published by maynine
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Si la musique vous prend par le bout des cils jusqu’à vous promener sur un arc en ciel en secouant des poussières d'étoiles.

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