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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 16:18

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"Avec une dernière dose d'enthousiasme" - Jésus Manuel Vargas

 

J’ai su dès les premières lignes que j’allais avoir des mots et des maux avec ce livre.
Non pas avec les « mots » en tant que tels, ils sont tous choisis à bon escient avec un parfait à propos et d’une précision chirurgicale, (il est rare de lire dans un style aussi moderne une telle perfection dans le choix du vocabulaire) mais avec le thème lui-même.
Des « mots » au sens de contrariétés, d’âpres discussions, d’échanges vigoureux.
 Oui, lorsque je lis, je discute avec mon livre, à défaut d’en avoir l’auteur sous la main.
 C’est souvent moins risqué pour ce dernier et très narcissiquement satisfaisant pour moi puisque je gagne toujours et que personne ne vient réfuter mes arguments.
Des « maux » au sens où, si je me laisse prendre, de profondes ecchymoses vont ré-endolorir mon âme de mère orpheline.
 J’avais totalement et instantanément adhéré à la description poétique et tendre de La Mort de la si jolie vieille Dame de « Pénélope Andalouse » mais là, paradoxalement, après trois lectures attentives, je suis totalement hypnotisée et douloureusement terrifiée par La Vie de ce jeune homme, par son anéantissement littéraire, cinématographique, syncopé comme une danse morbide sous des lumières stroboscopiques , folle, inexorable, terrifiante.
J’ai rarement autant invectivé un auteur à la lecture de son ouvrage.
Dieu que ce garçon est triste, désespérant, agaçant, accablant de négativisme…
Au fur et à mesure de ma lecture j’ai eu envie de le secouer, de l’attraper par le col pour lui montrer la beauté de la vie et de démonter un à un tous les remparts qu’il bâti entre le bonheur et lui.
Mais rien à faire. Je suis restée impuissante, comme toutes les mères. Ce héros pitoyable et magnifique se piège lui-même dans un labyrinthe inextricable.
Met en place une à une, consciencieusement, méticuleusement, diaboliquement, avec une complaisance morbide dont il semble se délecter toutes les pièces d’un puzzle où il va perdre son âme.
« - P’tit con… » 
Autant les mots de « Pénélope Andalouse » étaient tendres et légers, plumes caressant nos cœur d’une génération à l’autre, hymne pour une vie pleine et accomplie;  autant les coups de bistouri de « Avec une dernière dose d’enthousiasme »  vrillent l’âme, la torture et l’anéanti, poussant à se couvrir la tête de cendres et à relire encore et encore, comme aimanté, ces pages brûlantes de mort.

Cet ouvrage, et j’emploie ce mot précisément, car il me fait penser à un travail long et fastidieux, une construction appliquée, ardue et épuisante, offre un pur moment  de vérité.
 Ce n’est pas seulement un récit, c’est un morceau de chair, une part d’âme, un bout de viscère arraché avec douleur au plus profond du ventre de son auteur.
Un livre dont on ne sort pas indemne.


Merci Jésus Manuel Vargas, vous avez du talent. Beaucoup de talent.

Et je vous pardonne.

 


Avec Une Dernière Dose d'Enthousiasme, aux éditions Les Presse Littéraires

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Published by maynine
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