"Secret Voyage" est un petit bijou. Une de ces surprises qui vous chavire le cœur à la première écoute.
Un voyage qui commence par un hymne royal, somptueux et grandiloquent.
Imaginez une grande salle voûtée, solennelle, bordée d'orgues et de chœurs grégoriens où somnole un roi, taciturne, légèrement désœuvré sous l'œil sévère de ses courtisans poussiéreux, ("God Save
The Reg").
Dieu quel ennui…
Mais soudain, au détour d'un couloir un tambourin se fait entendre et arrive, en dansant, une Esméralda vêtue de rouge, flamboyante, virevoltante, flammerole passionnée nous entraînant dans le
tourbillon étourdissant de sa voix de cristal, ("Locked Within The Crystal Ball").
Elle aussi a sa cour.
Trouvères, bardes et troubadours, qui vont investir ce morne lieu de leur ronde éclatante et ensoleillée.
Un gueux-chevalier en quête d'amour, magnifique, accompagne la troupe, chevauchant sa guitare et réglant la danse.
Cornemuses, flûtes et cromornes envahissent alors le castel.
Les fâcheux engourdis dans leurs velours poudreux et démodés tentent bien de protester mais le roi les arrête d'un signe impérieux quand la sauvageonne s'installe, sans façon, sur l'accoudoir vieil
or de son pauvre trône d'ennui pour conter des aventures merveilleuses…
De langoureuses rêveries pleines de tendresse et de fraîcheur vont succéder à de folles sarabandes tziganes aux violons de feu.
Nous ne sommes plus dans un lugubre et sombre palais mais sur les routes poussiéreuses et éclatantes des gens du voyage.
Soirée magique qui va nous promener des rives de la Volga ("Toast Tomorrow") aux patios ensoleillés de la méditerranée (Gilded Cage). Nous glissons en gondole à Venise aux notes d'une mandoline
amoureuse d'une étoile blanche minaudant derrière un loup de satin blanc ("Princes Waldecks Galliard" ).
Nous chevauchons l'arc en ciel d'une ritournelle toute simple et romantique, ("Rainbow Eyes"). Quel homme fut-il monarque ne s'envolerait pas sur les battements de cils d'une bohémienne?
Conte oriental, éternel et intemporel qui nous dévoile les secrets des sérails refuges de femmes au charme envoûtant et affriolant ("The Circle". "Peasants Promise").
Cette "Sister Gipsy" n'a de cesse que nous séduire et quelle ritournelle plus plaisante que "Plaisir d'amour" saurait être une meilleure arme? ("Can't Help Falling In Love") quelle ballade
serait-elle plus propice aux rêves et aux épanchements amoureux que cette mélodie balayant d'une brume légère les landes couvertes de bruyères? ("Far Far Away").
Chaussez vos bottes, enfoncez vos chapeaux à plumes, fermez les yeux et embarquez sur ce beau bateau de rêve médiéval.
A écouter du bout des yeux tant il est précieux et féerique...
Rhââââ Lovelyyyyyyyyy
Quel album que nous a concocté l'homme qui ne sourit jamais et ça blonde damoiselle.
C'est bon, c'est beau, c'est magnifique.
Du Rainbow à la sauce folk que l'homme en noir sait merveilleusement faire sonner avec toujours autant de féerie.
Commentaire n°1
posté par
Helldo
le 15/02/2009 à 19h05